Clichés de famille
Oser (re)parler politique à table
Les salaires plombent notre compétitivité

Votre beau-frère est catégorique : "si les entreprises belges ne sont pas assez compétitives, c'est parce que les travailleurs coûtent trop cher!".

Vraiment ?

Rappelons tout d'abord que, par rapport à ses principaux compétiteurs que sont l'Allemagne, les Pays-Bas et la France, la Belgique ne présente un désavantage salarial que vis-à-vis du premier pays. Autrement dit, c'est surtout l’hypermodération salariale allemande (qui a plombé le dynamisme économique en Europe, mais c’est une autre histoire !...) qui donne l’impression que, globalement, la Belgique souffre d’un handicap salarial.

Deuxièmement, il faut garder à l'esprit que les salaires ne constituent pas le coût de production le plus important pour l'industrie : les importations intermédiaires, c'est-à-dire les matières premières et produits qui sont assemblés en Belgique avant d’être vendus ici ou réexportés, représentent 38 % des coûts directs, soit deux fois plus que la part dédiée aux salaires (Rapport annuel 2013 de la Banque Nationale de Belgique). De plus, la part liée aux rémunérations est plus faible en Belgique que dans les pays frontaliers !

Enfin, n'oublions pas qu'à l’heure de l’économie de la connaissance, la capacité de proposer des produits innovants, hauts de gamme et attrayants est devenue bien plus déterminante que les coûts salariaux.

Les salaires pèsent deux fois moins que les coûts d'approvisionnement en matières premières

Structure des coûts directs de production dans le secteur de l'industrie en Belgique, Allemagne, France et Pays-Bas.

100
 
80
 
60
 
40
 
20
 
0
46%
38%
16%
58%
20%
22%
64%
18%
18%
54%
30%
16%
Rémunérations des salariés
Importations intermédiaires
Autres composants

Source: Conseil Central de l'Économie, 2010 - Chiffres de 2005 (dernière année disponible).